lundi 13 juillet 2015

Grèce: par toutatis, le plan de bataille de Varoufakis que Tsipras a refusé.

T130715

22:50 - Varoufakis
"souhaitait « Emettre des IOUs »; « appliquer une décote sur les obligations grecques » détenues par la BCE et « prendre le contrôle de la Banque de Grèce des mains de la BCE ». Le tout pour faire peur et obtenir un meilleur accord des créanciers. Il a émis cette suggestion plusieurs fois entre le 29 juin et la victoire du non. « Mais ce soir-là, regrette-t-il, le gouvernement a décidé que la volonté du peuple, ce “non” retentissant, ne devait pas être le déclencheur de cette approche énergique, (…) au contraire cela allait mener à des concessions majeures à l’autre camp. » rapporte Le Monde.


Si ce que rapporte ce quotidien est vrai, cela veut dire que Tsipras a commis une erreur de jugement fatale et assez inexplicable, elle aussi. En effet, non seulement le "non" ne pouvait pas faire peur aux créanciers mais tout au contraire - comme les évènements depuis l'ont d'ailleurs montré -, cela ne pouvait que remonter leur mépris contre Tsipras. Le mépris du à la haine viscérale de la démocratie pour tout fasciste qui se respecte.   
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L’ex-ministre des finances grec, Varoufakis, dit avoir défendu une ligne trop dure pour Tsipras 

Le Monde, le 13 Juillet 2015 
Inter-titres E Gaillot pour €calypse News, le 13 Juillet 2015
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L’ancien ministre des finances grec, Yanis Varoufakis, a révélé, dans un entretien publié lundi 13 juillet par le magazine britannique New Statesman, avoir démissionné, au lendemain du référendum du 5 juillet, après avoir été mis en minorité par deux voix contre quatre lors d’une réunion de cabinet. Il prônait une ligne dure face à la BCE après la fermeture des banques grecques.
L’économiste avait inexplicablement démissionné au lendemain de la victoire à 61,1 % du non.
L’économiste, qui assurait avant le référendum qu’il démissionnerait en cas de victoire du oui, avait assez inexplicablement démissionné au lendemain de la victoire à 61,1 % du non. Officiellement, il avait jeté l’éponge parce que les créanciers ne l’aimaient pas et que le premier ministre, Alexis Tsipras, jugeait son départ « utile » pour un accord.
 la BCE a cessé d’ajuster le plafond de son aide d’urgence
Les banques grecques sont fermées depuis le 29 juin, pour éviter une hémorragie de l’épargne, alors que la Banque centrale européenne a cessé d’ajuster le plafond de son aide d’urgence à ces établissements.
 situation « voulue par la BCE pour sceller un accord »
M. Varoufakis, persuadé d’avance que cette situation « voulue par la BCE pour sceller un accord » allait se produire, avait prévu « un triptyque » d’actions pour y répondre, dit-il dans cet entretien réalisé juste avant l’accord de lundi matin pour négocier une nouvelle aide à l’économie grecque.
 Il souhaitait « Emettre des IOUs » et « prendre le contrôle de la Banque de Grèce des mains de la BCE
Il souhaitait « Emettre des IOUs » (phonétiquement « I owe you », « je vous dois », des reconnaissances de dettes en euros) ; « appliquer une décote sur les obligations grecques » détenues par la BCE depuis 2012, pour réduire d’autant la dette, et « prendre le contrôle de la Banque de Grèce des mains de la BCE ».
 Cela laissait, selon lui, entrevoir une possible sortie de la Grèce de l’euro
Cela laissait, selon lui, entrevoir une possible sortie de la Grèce de l’euro mais avec la certitude, explique-t-il, qu’il n’y avait de toute façon aucun moyen légal de la pousser dehors.
 Le tout pour faire peur et obtenir un meilleur accord des créanciers
Le tout pour faire peur et obtenir un meilleur accord des créanciers, selon lui. Il a émis cette suggestion plusieurs fois entre le 29 juin et la victoire du non.
  le gouvernement a décidé que ce “non” retentissant,  allait mener à des concessions majeures à l’autre camp
« Mais ce soir-là, regrette-t-il, le gouvernement a décidé que la volonté du peuple, ce “non” retentissant, ne devait pas être le déclencheur de cette approche énergique, (…) au contraire cela allait mener à des concessions majeures à l’autre camp. »

Dans une interview publiée lundi par la radio australienne ABC, et également réalisée avant l’accord, M. Varoufakis affirmait cependant que le gouvernement Tsipras avait à peine commencé à préparer une sortie de la Grèce de la zone euro.
  Le plan existait sur le papier, mais nous ne l’avons jamais mis en place.
« Quand le plan commence à être mis en place, quand vous faites passer le nombre de gens travaillant dessus de cinq à 500 – et c’est le minimum dont vous ayez besoin –, il devient public. Et lorsque les gens savent, c’est un effet prophétique : cela crée son propre mouvement. Nous n’avons jamais fait cette transition de cinq à 500 personnes. Nous n’avons jamais senti que nous avions un mandat pour le faire. Nous n’avons jamais prévu de le faire. Le plan existait sur le papier, mais nous ne l’avons jamais mis en place. »
Varoufakis se montre de nouveau très critique contre  Schäuble
M. Varoufakis, qui a préféré passer la soirée de vendredi dernier en famille plutôt que d’aller voter au Parlement en faveur des négociations du week-end avec les créanciers du pays, se montre de nouveau très critique, dans le New Statesman, contre le ministre des finances allemand, Wolfgang Schäuble.
  le groupe des ministres des finances de la zone euro est « complètement, totalement » dominé par lui.
Selon lui, le groupe des ministres des finances de la zone euro est « complètement, totalement » dominé par lui. « C’est comme un orchestre extrêmement bien dirigé, dont il serait le chef », raconte M. Varoufakis.
 le ministre français finissait toujours par plier et accepter »
Selon lui, « il n’y a que le ministre des finances français [Michel Sapin] qui émettait une tonalité différente de la ligne allemande, et c’était très subtil. (…) Dans l’analyse finale, quand Doc [sic] Schäuble répondait et déterminait la ligne officielle, le ministre français finissait toujours par plier et accepter », assure-t-il.
  Il y avait un refus pur et simple d’engager des débats économiques
Enfin M. Varoufakis, universitaire de carrière, s’en prend à l’absence de débat de fond au sein des instances européennes : « Il y avait un refus pur et simple d’engager des débats économiques. »
  J’aurais pu tout aussi bien chanter l’hymne national suédois, j’aurais obtenu la même réponse !
Et d’assurer que lorsqu’il exposait un argument économique à ses homologues européens, il était confronté à « des regards vides ». « J’aurais pu tout aussi bien chanter l’hymne national suédois, j’aurais obtenu la même réponse ! », assène-t-il.

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