mardi 23 juin 2015

Grèce; les 3 points clé du sommet et la question qui fâche.

C230615
08:40 - Les 3 points à retenir du sommet du lundi 22 Juin et la question qui fâche:

1 - Il n’est plus question de menacer la Grèce de sortie de la zone euro

2 - La BCE a décidé de relever une nouvelle fois, pour la journée, le plafond des « ELA » et continuera le temps qu'il faudra.

3 - 35 milliards d’euros ont été promis par M. Juncker

La question qui fâche:

Mme Lagarde aurait demandé à M. Tsipras si la Grèce voulait encore du FMI comme partenaire. Le premier ministre Tsipras aurait répondu : « Nous vous voulons avec l’ensemble de vos opinions et pas seulement à la carte. Que vous disiez aussi ce que vous pensez de la dette et pas seulement de nouvelles mesures pénibles. » La réponse fait allusion au non respect des règles du FMI et la question, en réalité, est celle de savoir quand C Lagarde va sauter?
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Grèce : les leçons d’une folle journée

Par Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen), Jean-Baptiste Chastand et Adéa Guillot (Athènes, correspondance) pour Le Monde, le 23 Juin 2015 
Inter-titres E Gaillot pour €calypse News, le 23 Juin 2015
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« Une histoire sans fin », pestaient les médias réunis, lundi 22 juin, une journée entière dans le bâtiment sans âme du Conseil européen, à Bruxelles.
 Censée être le « D Day » pour Athènes. Mais non.
Cette journée, avec son sommet exceptionnel de la zone euro, précédé d’un Eurogroupe (réunion des ministres des finances) extraordinaire, était pourtant censée être le « D Day » pour Athènes. Mais non.
  Les dirigeants de la zone euro n’ont pas réussi à « accoucher » de l’accord définitif
Malgré de nouvelles propositions grecques, pourtant substantielles, les dirigeants de la zone euro n’ont pas réussi à « accoucher » de l’accord définitif, « réformes contre argent frais », censé clore cinq mois d’interminables négociations entre le gouvernement de la gauche radicale d’Alexis Tsipras et ses créanciers (Fonds monétaire international, Banque centrale européenne, Commission européenne). Et préserver la Grèce, qui doit 1,6 milliard d’euros au FMI le 30 juin, d’un défaut de paiement aux conséquences dévastatrices.
 Pour « finir » le travail, si tout se passe bien, il faudra donc un autre Eurogroupe
Pour « finir » le travail, si tout se passe bien, il faudra donc un autre Eurogroupe, mercredi 24 juin au soir, la neuvième réunion des 19 ministres des finances de la zone euro depuis le début de la « crise » avec Athènes. Puis un feu vert final au Conseil européen des 25 et 26 juin, à Bruxelles, a annoncé Donald Tusk, le président du Conseil européen.
  Il n’est plus question de menacer la Grèce de sortie de la zone euro
Le ton a certes complètement changé à Bruxelles : il n’est plus question de menacer la Grèce de sortie de la zone euro, de « Grexit ». L’accord semble en vue : il devrait intervenir dans la semaine, ont répété les dirigeants de la zone euro. « Les bases d’un accord sont aujourd’hui réunies, nous sommes dans une phase où il ne faut plus différer la conclusion », a dit le président français, François Hollande à l’issue du sommet.
  Nous devons faire l’accord cette semaine
« Nous devons faire l’accord cette semaine, nous ne pouvons plus jouer les prolongations », a averti, pour sa part, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. Angela Merkel, dont l’opinion publique est très remontée contre une aide supplémentaire à la Grèce, s’est montrée plus circonspecte : « il reste un travail intensif et le temps est très court d’ici mercredi soir. » « Nous avons encore beaucoup de travail à faire au cours des prochaines 48 heures. Nous ne sommes pas au bout du chemin », a également déclaré la directrice générale du FMI, Christine Lagarde.
 La pression a payé
Une nouvelle dynamique politique semble s’être enclenchée. « La pression a payé », ont constaté, satisfaites, plusieurs sources lundi, faisant référence à l’alerte sur les sorties de capitaux des banques grecques de la semaine précédente (jusqu’à 5 milliards d’euros ont retirées sur la semaine, selon une source européenne).
 Athènes a bougé
De fait, durant le week-end, M. Tsipras et ses équipes ont fait les concessions que les créanciers attendaient d’eux. « C’est la première fois qu’on a une proposition vraiment consistante », a souligné Donald Tusk. Sur les trois points les plus « bloquants » dans les discussions, Athènes a bougé.
 Sur les objectifs budgétaires, les calculs grecs se rapprochent désormais de ceux des créanciers, avec un montant de surplus primaire (différence entre recettes et dépenses, avant charge de la dette) fixé à 1 % du PIB en 2015 et 2 % en 2016. Concernant la réforme des retraites, les Grecs ont proposé de supprimer dès 2016 des régimes de préretraite et d’imposer des coupes aux retraites les plus élevées. Et, enfin, côté rentrées fiscales, Athènes maintient sa « ligne rouge » sur une non augmentation de la TVA sur l’électricité, mais propose d’autres taxes nouvelles, dont une, de « solidarité exceptionnelle », un impôt sur le revenu à 8 % au-delà de 500 000 euros de revenus par an.
  délivrer un message positif aux marchés financiers et aux épargnants grecs
Pour permettre à la séquence politique de se dérouler sans « accident « sur la semaine, les dirigeants de la zone euro ont aussi convenu, lundi soir, selon une source proche des discussions, de délivrer un message positif aux marchés financiers et aux épargnants grecs. Il s’agit de limiter les retraits de capitaux massifs des banques grecques, qui pourraient conduire la BCE à imposer à très court terme, une forme de contrôle des capitaux aux effets politiques et économiques mal maîtrisés.
  La question d’un contrôle des capitaux a été ainsi été posée
Certains prônent déjà cette option. La question d’un contrôle des capitaux a été ainsi été posée par le ministre des finances allemand Wolfgang Schäuble, à l’Eurogroupe, lundi, selon une source proche des discussions. De même que les ministres des finances irlandais, Michael Noonan et espagnol, Luis de Guindos.
 La BCE a décidé de relever une nouvelle fois, pour la journée, le plafond des « ELA »

La BCE, qui pilote désormais la situation de liquidité des banques grecques au jour le jour, a fait le point lundi matin et décidé de relever une nouvelle fois, pour la journée, le plafond des « ELA » (emergency liquidity assistance), ses liquidités d’urgence aux banques grecques.
 une prolongation du « goutte à goutte » pour un ou deux jours de plus
Mardi 23 juin au matin, elle devait à nouveau se réunir et - probablement - prendre à nouveau la même décision, d’une prolongation du « goutte à goutte » pour un ou deux jours de plus.
  35 milliards d’euros, qui a été promis par M. Juncker
Cette dynamique ne fonctionnera que si le premier ministre grec et son gouvernement sont prêts, de leur côté, à se contenter de ramener à Athènes une liste de réformes ressemblant malgré tout à un budget d’austérité supplémentaire. M. Tsipras pourra certes y ajouter le « paquet croissance » pour la Grèce de 35 milliards d’euros, qui a été promis par M. Juncker : il s’agit en l’occurrence de fonds structurels déjà en partie fléchés par l’Union européenne pour la Grèce.
 M. Tsipras n’a rien obtenu sur la remise à plat de la dette grecque
En revanche, M. Tsipras n’a rien obtenu sur la remise à plat de la dette grecque (322 milliards d’euros, 177 % du PIB), sa grande revendication depuis qu’il a été élu. Les créanciers, à l’exception notable du FMI, ne semblent pas prêts à faire de concessions. Une restructuration est inenvisageable répètent les Allemands, mais aussi les pays qui ont subi les plus fortes cures d’austérité de la zone euro pendant la crise (Espagne, Portugal).
  il y a un consensus pour ne pas parler de ce sujet
Même sur un possible allégement des conditions de remboursement (allongement des maturités, baisse des taux d’intérêt), les discussions achoppent. « Il n’y a pas consensus entre Européens pour faire des concessions », souligne une source bruxelloise. Et par ailleurs, il y a un consensus pour ne pas parler de ce sujet à ce stade, dans le cadre d’un possible accord « réformes contre argent frais ».
  On cherche tous un accord que M. Tsipras pourra défendre au Parlement grec
Même un engagement écrit des créanciers, de renégocier, dans les semaines ou les mois prochains, les conditions de remboursement de la dette, ne semblait pas acquis d’avance, lundi. « On cherche tous un accord que M. Tsipras pourra défendre au Parlement grec », disait cependant une source européenne haut placée, lundi soir.
 La balle est dans le camp des créanciers
« La balle est dans le camp des créanciers » a lâché M. Tsipras lundi soir, en quittant Bruxelles. À Athènes, la décision de reconvoquer un nouvel Eurogroupe pour juger des propositions grecques était néanmoins interprétée, par de nombreux analystes, comme le signe de nouveaux blocages.
  Mme Lagarde aurait demandé à M. Tsipras si la Grèce voulait encore du FMI comme partenaire
« Mais cette fois-ci entre les créanciers eux-mêmes », affirmait un article posté sur le site TVXS, très proche de Syriza et qui croyait savoir que, lundi, Mme Lagarde aurait demandé à M. Tsipras si la Grèce voulait encore du FMI comme partenaire.
 Nous vous voulons avec l’ensemble de vos opinions et pas seulement à la carte
Selon les informations de ce site, le premier ministre Tsipras aurait répondu : « Nous vous voulons avec l’ensemble de vos opinions et pas seulement à la carte. Que vous disiez aussi ce que vous pensez de la dette et pas seulement de nouvelles mesures pénibles. »
 « Tha doume ! »
Tard dans la nuit, lundi, dans les bars du très animé quartier d’Aghia Irini, au centre d’Athènes, les discussions ne portaient guère sur les négociations. « Nous sommes devenus fatalistes. Nous voulons juste que ça s’arrête. On lit maintenant que ça ne sera pas tranché avant mercredi », soulignait, désabusé, Kostas Maniatis, un jeune chimiste au chômage. En concluant d’un traditionnel « Tha doume ! ». « Nous verrons bien » en grec.
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