dimanche 28 juin 2015

Grèce: Grexit 2.0 à la russe avec monnaies virtuelles parallèles.

L280615

16:50 - Dans le pire des scénarios, celui où la Grèce ferait défaut auprès de la BCE et du FMI sans qu’aucun accord ne soit en vue, le pays, privé de liquidités, serait contraint d’imprimer une ou plusieurs monnaies parallèles. Certains économistes estiment que cela équivaudra de facto à un Grexit. D’autres jugent qu’il n’est pas impossible que la Grèce conserve la monnaie unique, malgré l’existence d’une monnaie parallèle.



En Nouvelle Russie (Donbass), le problème a été réglé sans qu'il soit nécessaire d'imprimer une nouvelle monnaie. Les gens peuvent tout simplement payer avec leur carte bancaire aussi bien en Hryvnia, la monnaie ukrainienne, en euro/dollar ou en rouble. Les taux de change sont affichés dans toutes les boutiques et mis à jour en direct. 

Avec ce système, la Nouvelle Russie est indépendante (de fait puisque sous embargo total de la part de Kiev) tout en restant sur le papier (accord de Minsk2) intégrée à l'Ukraine. Alors, pourquoi pas une sorte de Grexit 2.0 à la russe?   
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La Grèce pourra-t-elle éviter la mise en place d’un contrôle des capitaux ? 
Par Marie Charrel pour Le Monde, le 28 Juin 2015 
Inter-titres E Gaillot pour €calypse News, le 28 Juin 2015
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Le ministre des finances Yanis Varoufakis a démenti, dimanche 28 juin, des propos que la BBC lui attribuait sur la mise en place de mesures de contrôle des capitaux et la fermeture des banques du pays lundi.
  les économistes sont nombreux à penser que
Pourtant, les économistes sont nombreux à penser qu’une telle mesure sera difficile à éviter si le ton monte encore entre la Grèce et ses créanciers.
  pour ou contre la poursuite du plan d’aide européen et des réformes
D’abord, parce que la fuite des dépôts se poursuit. Depuis 2010, plus de 80 milliards d’euros ont quitté le pays, et le mouvement s’est encore accéléré après l’annonce d’un référendum vendredi par le premier ministre Alexis Tspiras, appelant les Grecs à se prononcer pour ou contre la poursuite du plan d’aide européen et des réformes.
 (BCE) a déclaré qu’elle maintenait ses financements d’urgence
Dimanche, la Banque centrale européenne (BCE) a déclaré qu’elle maintenait ses financements d’urgence - « les ELA »- à leur niveau actuel. Jusqu’ici, elle les avait régulièrement augmentées pour que celles-ci couvrent la fuite des capitaux...
 cet « accident de paiement » avec le FMI ne devrait pas avoir, en soi, de conséquences dramatiques
Ensuite, parce qu’il est désormais certain que le pays ne sera pas en mesure de verser les 1,6 milliard d’euros qu’il doit rembourser au Fonds monétaire international (FMI) le 30 juin. Mais cet « accident de paiement » ne devrait pas avoir, en soi, de conséquences dramatiques.
  (BCE) attende le résultat du référendum du 5 juillet
Et il est probable que la Banque centrale européenne (BCE) attende le résultat du référendum du 5 juillet avant de décider si elle poursuit ou non ses aides.
 Si, comme les sondages l’indiquent, les Grecs votent majoritairement « oui »
Si, comme les sondages l’indiquent pour l’instant, les Grecs votent majoritairement « oui » aux réformes proposées par les créanciers du pays, la BCE maintiendra sans doute ses ELA. Mais la question du contrôle des capitaux resterait néanmoins omniprésente jusqu’à ce qu’un accord soit signé, et que le pays reçoive une nouvelle aide financière.
 Si, en revanche, les Grecs votent massivement non et rejettent les réformes
Si, en revanche, les Grecs votent massivement non et rejettent les réformes, l’institut de Francfort devra en tirer les conséquences, en réduisant, voir en coupant les ELA. L’instauration d’un contrôle des capitaux serait dès lors difficile à éviter.
À quoi sert le contrôle des capitaux ?
  le contrôle des capitaux vise d’abord à stopper les sorties d’argent du pays et le « bank run » : la panique bancaire.
En cas de crise financière sévère, le contrôle des capitaux s’impose comme un mal nécessaire. Instauré en Malaisie et Thaïlande pendant la crise asiatique des années 1990, en Argentine quand le pays a fait faillite en 2001, en Islande en 2008 ou encore à Chypre en 2013, il vise d’abord à stopper les sorties d’argent du pays et le « bank run » : la panique bancaire.
 Des retraits excessifs des banques peuvent en effet mettre en danger leur solvabilité
Des retraits excessifs des banques peuvent en effet mettre en danger la solvabilité de celles-ci, voire, les pousser vers la faillite. Dès lors, l’économie du pays est privée de liquidités et ne peut plus fonctionner… Il devient dès lors vital de « fermer » les frontières financières du pays, en instaurant des contrôles.
l’instauration du contrôle des capitaux peut se faire rapidement. Il suffit parfois d’un week-end
Les cas islandais et surtout chypriote, en 2008 et 2013, l’ont rappelé : l’instauration du contrôle des capitaux peut se faire rapidement. Il suffit parfois d’un week-end. Dans certains cas, les établissements bancaires sont fermés pendant un à plusieurs jours. A Chypre, exemple extrême, les banques avaient même baissé leurs rideaux pendant douze jours !
 « Lorsqu’elles ont rouvert, les retraits de billets étaient limités à 300 euros
« Lorsqu’elles ont rouvert, les retraits de billets étaient limités à 300 euros par personne, par jour et par banque », rappelle Eric Dor, économiste à l’école de management IESEG. Les paiements et virements à l’étranger étaient plafonnés à 5 000 euros par mois, par personne et par banque. Les voyageurs n’avaient plus le droit de quitter le pays avec des billets en euros ou en devises étrangères pour une valeur dépassant 1 000 euros.
Enfin, les entreprises devaient obtenir une autorisation administrative pour tout virement à l’étranger dépassant les 5 000 euros : il fallait notamment prouver que ces paiements étaient nécessaires pour les activités normales de l’entreprise. « Jusqu’à 200 000 euros, il fallait même l’autorisation d’un comité de la banque centrale », ajoute M. Dor.
  seuls 15 % des dépôts grecs sont détenus par des résidents étrangers,
Les modalités d’un contrôle des capitaux en Grèce pourraient ressembler à celles instaurées à Chypre, avec tout de même de sérieuses nuances. « Aujourd’hui, seuls 15 % des dépôts grecs sont détenus par des résidents étrangers, contre 40 % à Chypre avant mars 2013 », explique Jennifer McKeown, chez Capital Économiques, dans une note sur le sujet.
  les grandes entreprises ont déjà déplacé leur argent
Pour que le contrôle soit utile, le gouvernement grec pourrait alors être tenté de cibler les grandes entreprises. « L’ennui, c’est que ces dernières ont déjà déplacé leur argent », souligne Mme McKeown.
 Le plus efficace serait donc de cibler les petites transactions et retraits aux distributeurs
Le plus efficace serait donc de cibler les petites transactions et retraits aux distributeurs. Ce qui affecterait durement les Grecs dans leur quotidien. Tout comme les petites entreprises, à qui les fournisseurs exigent bien souvent des paiements en cash, avant la livraison… Douloureux. Pour certaines, ce serait même le coup de grâce.
  Il affecterait en premier lieu les classes moyennes et populaires, au cœur de son électorat
Cela explique d’ailleurs pourquoi le gouvernement s’est jusque-là montré très réticent à l’instauration du contrôle des capitaux. Il affecterait en premier lieu les classes moyennes et populaires, au cœur de son électorat.
  une telle mesure est délicate à lever rapidement
La durée du contrôle des capitaux dépendrait bien sûr de la suite des négociations entre Athènes et ses partenaires. Mais dans tous les cas, une telle mesure est délicate à lever rapidement. A Chypre, elle a duré deux ans. Et L’Islande vient seulement de réduire partiellement les barrières, près de sept ans après leur instauration…
 l’économie grecque ne pourra pas se passer d’investissements étrangers pour se relever
En 2013, les autorités islandaises avaient d’ailleurs averti Chypre : plus il dure, plus le contrôle des capitaux constitue un handicap pour la reprise. « Il décourage les investisseurs étrangers, qui veulent éviter que leurs fonds se retrouvent bloqués dans le pays », explique M. Dor. Or, l’économie grecque ne pourra pas se passer d’investissements étrangers pour se relever.
  le contrôle des capitaux conduira-t-il au « Grexit »
Reste une question clé : le contrôle des capitaux conduira-t-il au « Grexit », une sortie de la Grèce de la zone euro ? Cela dépendra de l’évolution des négociations, de la signature ou non d’un nouvel accord, et de l’étendue du défaut de paiement grec envers ses créanciers.
  le pays, privé de liquidités, serait contraint d’imprimer une ou plusieurs monnaies parallèles
Dans le pire des scénarios, celui où la Grèce ferait défaut auprès de la BCE et du FMI sans qu’aucun accord ne soit en vue, le pays, privé de liquidités, serait contraint d’imprimer une ou plusieurs monnaies parallèles, ne serait-ce que pour pouvoir continuer à payer les fonctionnaires et verser les retraites.
 ’il n’est pas impossible que la Grèce conserve la monnaie unique, malgré l’existence d’une monnaie parallèle
Certains économistes estiment que cela équivaudra de facto à un Grexit. D’autres jugent qu’il n’est pas impossible que la Grèce conserve la monnaie unique, malgré l’existence d’une monnaie parallèle.

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